REPRISE

TROISIEME NUIT DE WALPURGIS

Avec José Lillo

La durée du spectacle est de 1h50

L’installation du nazisme dans les esprits

 

“Comment pouvait-on prétendre en 1945 qu’on ne savait pas ?
Kraus, en 1933, savait déjà tout.”

                  Pierre Deshusses (traducteur de Troisième Nuit de Walpurgis)

Rédigée de début mai à septembre 1933, cinq mois après l’arrivée de Hitler au pouvoir, Troisième nuit de Walpurgis analyse l’installation du nazisme dans les esprits.


Traduit pour la première fois en français en 2005, ce texte travaille sans relâche à la surface des événements échappant à l’attention de l’historien pour débusquer les responsabilités de ceux (élites intellectuelles, journalistes, politiques) qui ont tu, accepté et même exigé le sacrifice de l’intellect, préparant librement le terrain à l’ensevelissement de l’humanité.

Salué à sa création au Théâtre de Saint-Gervais en 2007 par le public et la critique, puis à chacune de ses reprises, Troisième nuit de Walpurgis est un défi lancé au théâtre : comment porter sur la scène une langue aussi virtuose, vouée à libérer l’entendement humain des démons qui l’assiègent ?

 

Karl Kraus est un écrivain autrichien né le 28 avril 1874 à Gitschin (République tchèque) et mort le 12 juin 1936 à Vienne, ville dans laquelle il a vécu la plus grande part de sa vie. Auteur d’une œuvre monumentale.

Dramaturge, poète, essayiste, il a aussi et surtout été un satiriste et un pamphlétaire redouté.  Il dénonçait avec la plus grande virulence, dans les pages de Die Fackel, la revue qu’il avait fondée et dont il était pendant presque quarante ans le rédacteur exclusif, les compromissions, les dénis de justice et la corruption de la bourgeoisie viennoise et surtout de la presse.

Représentant éminent de la Kulturkritik et de la critique des médias de masse, il se voulait le défenseur de la littérature et de l’imagination face au pseudo-réalisme médiatique.

« Karl Kraus a inlassablement attaqué un mal auquel nous sommes exposés plus que jamais : la manipulation par le discours, le mensonge et la corruption de la langue, signe de la corruption de la pensée et du sentiment. Contre cette agression, il a forgé des armes terriblement efficaces et montré comment s’en servir. Son œuvre reste, comme le dit Elias Canetti, une “école de résistance » Jacques Bouveresse