Du vendredi 12 au dimanche 21 mars 2027


EXTINCTION

Vivre parmi les génocidaires

Peut-être entendrai-je un jour une terrible explosion, ai-je pensé, et Gambetti aura effectivement fait sauter le monde..?

Murau, issu d’une riche famille catholique et conservatrice, a fui l’Autriche qu’il juge étouffante, hypocrite et marquée par un passé nazi jamais réellement assumé. À la mort de sa famille, il est contraint de revenir à Wolfsegg. Ce retour déclenche une violente réflexion intérieure où il règle ses comptes avec son enfance, sa famille et, au-delà, avec toute la société autrichienne. Mais cette résistance a un prix : elle isole, elle consume, elle détruit celui qui la porte.

Ce que Bernhard met à nu, ce n’est pas seulement la compromission. C’est la capacité d’un système à se recycler. Bernhard ne traite pas le nazisme comme un passé clos. Il montre sa transformation. Ce qui demeure : la logique de domination, l’écrasement des singularités, l’adhésion collective, la violence intégrée dans les structures sociales. Le monde qui succède au nazisme n’est pas son contraire. C’est sa mutation. Une société d’instruction sans pensée, de culture sans contenu, d’individus formatés, de langage vidé de sa vérité.

Vivre parmi les génocidaires, ce n’est pas une métaphore. C’est une situation. Le spectacle pose frontalement une question : dans quelle continuité vivons-nous ? Qu’avons-nous réellement interrompu ?

 

Auteur : Thomas Bernhard
Mise en scène, jeu : José Lillo
Jeu : José Lillo et Felipe Castro